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Le Pétrel de Wilson (Oceanites oceanicus) Wilson’s Storm Petrel

Observé régulièrement au large de St Mary’s - Archipel de Scilly - Grande-Bretagne, depuis une dizaine d’années, le Pétrel de Wilson devient, dès 2009, un projet pour l’ANO. Les sorties en mer, organisées au mois de juillet et d’août de chaque année depuis, ont permis l’observation de cet oiseau qui a toujours eu la réputation d’être peu fréquent sur les côtes françaises.


Pétrel de Wilson, au large du Portugal, photographies : Grégory Lepoutre, ornithopix.over.blog

Les observations du Pétrel de Wilson durant les sorties organisées par l’ANO

DateNombre d’individus observésZone prospectéeParticipantsSituation
15/08/2009 1 Le haut-fond d’Ouessant et une zone plus à l’ouest Y. Le Corre, J.-Y. Barnagaud, A. Le Neve, A. Rougeron, J.-Ph. & S. Siblet "Le petit vent disperse mieux les odeurs. Le Pétrel de Wilson est apparu seul, vers 13 h, alors que le soleil perçait doucement les nuages.
21/08/2010 Plus de 10 contacts Le haut-fond d’Ouessant et une zone plus à l’ouest F. Barrault, A. Caffin, L.-H. Caziot, V. Grenes, J. Grimshaw, J. Hanoi, M. Lacroix, Y. Le Corre, D. & M. Mauras, J.-Ph. & S. Siblet Conditions excellentes, car le vent de sud-ouest qui a fortement sévi les jours précédents s’est bien affaibli, les allers- retours face à la houle sur les deux mêmes zones ont permis des observations dans d’excellentes conditions pour une houle de 1 m en moyenne. Photographies plutôt difficiles. Grande efficacité du chum.

Observations du Pétrel de Wilson au large des Îles Scilly

En 2000, l’espèce est observée entre le 25/06 (05/06 en 2001 et 27/06 en 2002) et le 28/08 (02/09 en 2001 et 05/09 en 2002).

Durant les 6 semaines comprises entre le 13 juillet et le 24 août, le pourcentage de sorties pélagiques pendant lesquelles le Pétrel de Wilson a été observé varie entre 45% (semaine du 13 au 20/07) et 91% (semaine du 20 au 27/07). Ce pourcentage est supérieur ou égal à 60% lors des 3 premières semaines d’août (toujours pour les trois années 2000, 2001 et 2002). Ce pourcentage est légèrement plus faible mais toujours supérieur à 50 % pour l’ensemble des années 2000 à 2006 et pour les 4 semaines comprises entre le 20 juillet et le 17 août.

La grande majorité des observations précitées ont eu lieu à une distance de 5 à 9 miles au large de St Mary’s (soit 8 à 14 km ou 4 à 8 milles nautiques).

Reproduction et migration

Le Pétrel de Wilson se reproduit dans les zones antarctique et sub-antarctique. Il migre vers les eaux tropicales, voire tempérées, de l’hémisphère Nord durant l’hiver austral. L’observation la plus nordique a été réalisée à 77° de latitude Nord dans l’Atlantique (Marchant & Higgins 1990). Deux races sont reconnues : O. o. oceanicus qui se reproduit au nord de la convergence antarctique, et O. o. exasperatus qui niche au sud de celle-ci (Beck & Brown 1972). Elles se reproduisent toutes deux notamment dans l’Atlantique Sud.


Zone d’habitat du Pétrel de Wilson (bleu foncé)

Le mouvement migratoire des oiseaux débute de mars à mai, dès l’envol des poussins. De petits effectifs se déplacent lentement le long de l’Afrique, alors que l’espèce est présente en grand nombre durant notre été dans le courant du Gulf Stream au large de l’Amérique du Nord, associée à des radeaux de Satgassum. Dans les eaux européennes, l’espèce semble assez courante au large de l’Espagne dans le courant des Canaries (Millington 1993). La migration de retour vers l’hémisphère Sud a lieu de septembre à novembre, principalement au large de l’Amérique du Sud. La migration suit probablement un mouvement rotatoire du nord-est de l’Amérique vers le nord-ouest de l’Afrique, les oiseaux traversant ensuite de l’ouest de l’Afrique vers le Brésil. La plupart des oiseaux observés dans l’Atlantique Nord seraient d’origine antarctique (Roberts 1940, Brooke & Sinclair 1978), mais la présence des deux sous-espèces semble possible, comme cela est le cas dans le nord de l’océan Indien (Bailey 1966).

Identification

La structure, le plumage et le vol permettent de différencier le Pétrel de Wilson des autres océanites à croupion blanc que l’on peut rencontrer dans les eaux européennes, c’est- à-dire l’Océanite tempête Hydrobates pelagicus, l’Océanite culblanc Oceanodroma leucorboa et l’Océanite de Castro Oceanodroma castro.

Dans cette photo (Scott Spangenberg), les marques sur le terrain primaires du WSP. Remarquez d’abord la bande complète de la queue blanc. Les ailes supérieures ont des bandes en forme de croissant de lumière qui n’atteignent pas le bord d’attaque de l’aile (2). En volant la longue traînée des jambes derrière la queue. (1). Remarquez aussi le bord de fuite des ailes droites dans des vents calmes. (3)

Le Pétrel de Wilson suit fréquemment les bateaux. L’existence d’une certaine variation individuelle affectant le plumage, la longueur des pattes et la coloration des palmures, ainsi que la silhouette et le vol (selon la force du vent) changeants compliquent l’identification.

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Océanite Tempête

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Pétrel de Wilson

Le Pétrel de Wilson est généralement observé en Europe en compagnie de l’Océanite tempête, le plus commun des océanites au large des côtes françaises et européennes. Ce dernier est un peu plus petit que le Wilson (envergure : 36-39 cm), mais les plus petits Pétrels de Wilson sont d’envergure équivalente. En vol, les ailes du Tempête sont plus étroites, un peu plus courtes et moins arrondies. Elles sont tenues légèrement coudées vers l’arrière, le bord de fuite montrant généralement un angle au niveau du poignet. En vol, les pattes, aux palmures noires, ne dépassent jamais de la queue carrée. L’Océanite tempête ne présente pas de barre carpale pâle bien marquée sur le dessus de l’aile ; attention toutefois aux individus en plumage frais (grandes couvertures alors frangées de blanc), ou en plumage usé (couvertures abrasées plus brunes).

Reproduction, migration et identification sont des extraits de l’article de Frédéric Jiguet, Identification du Pétrel de Wilson - Oceanites oceanicus, Ornithos 4 (2) : 63-72, avec l’aimable autorisation de la rédaction



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