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Pipit de la Petchora (Anthus gustavi) Pechora Pipit

Un Pipit de la Petchora au Kun. Il a été vu par l’ensemble des ornithologues présents mais il est resté assez difficile à voir durant un long temps dans la végétation du marais. Assez craintif, il devait être recherché avec prudence dans l’ensemble des bosquets du marais.


Pipit de la Petchora, (anthus gustavi), île d’Ouessant, le Kun, octobre 2012. Photographies : Ghislain Riou et Benoit Hémidy

Le pipit de la Petchora est originaire du nord de la Sibérie où il niche en région de la Petchora. Les suédois l’appellent Pipit de la Toundra. Il se reproduit dans la toundra de l’extrême nord de l’Asie à l’est de la Russie.

Il migre sur de grandes distances, se déplaçant normalement en hiver pour les pays de l’Asie du Sud-Est comme l’Indonésie et la Malaisie, mais il est parfois observé dans certaines parties de l’Europe occidentale en Septembre et Octobre. Normalement, le meilleur endroit en Europe occidentale pour voir le Pipit de la Petchora est Fair Isle, juste au sud des îles Shetland.

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Les observations du mois d’octobre 2009 & 2012, à Ouessant

DateSitesObservateurs
05/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Aurélien Audevard
08/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Aurélien Audevard
09/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Aurélien Audevard
10/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Aurélien Audevard
10/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Cédric Caïn
10/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Antoine Gouëllo
11/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Aurélien Audevard
12/10/2009 France - Ouessant - Stang Meur Nidal ISSA
12/10/2009 France - Île d’Ouessant Willy Raitière
05/10/2012 France - Ouessant - Kun Davy Bosman
05/10/2012 France - Ouessant - Kun Aurélien Audevard
05/10/2012 France - Ouessant - Kun Alain De Broyer
05/10/2012 France - Ouessant - Kun Cédric Caïn

Le pipit en première mention en 2009

Un individu extrêmement peu farouche est présent du 05 au 12 octobre 2009 à Stand Meur – première donnée ouessantine et seconde donnée française pour cet oiseau tant espéré par de nombreux observateurs.


Pipit de la Petchora, (anthus gustavi), île d’Ouessant, Stang Meur, octobre 2009. Photographies : Aymeric Mousseau et Nidal Issa

Un pipit de la Petchora (Anthus gustavi) à Stang Meur, octobre 2009, extrait de l’article paru dans Natur Eussa n°1, Laurent Spanneut

Comportement de l’individu observé en 2009

Pratiquement toujours actif, faisant parfois des déplacements assez violents, à la course ou au vol, pour capturer une mouche : il m’est arrivé de le repérer par le bruit qu’il faisait alors !

Il se nourrit surtout dans les feuilles mortes qui jonchent le sol de la « salle », faisant des excursions sur des branches basses ou sous des fougères. Lors d’une observation prolongée, j’ai noté qu’il semblait éviter les plages de lumière ou les traversait en courant. Picore à l’occasion des insectes au revers des feuilles de fougères. Disparaît parfois de longues minutes pour ressortir à plus de 10 m de l’endroit espéré... Extrêmement peu farouche, s’approchant à 1 m selon certains (3 m pour moi). Des observateurs postés ont signalé avoir été frôlés par l’oiseau en vol. Lors de son 2e jour de présence, l’oiseau a été absent pendant une bonne partie de la journée, laissant croire qu’il pouvait fréquenter des sites plus classiques pour l’espèce, tels que les prairies, voire les anciennes cultures de Calgrac’h à proximité.

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Ce comportement presque toujours à découvert, bien que sous les arbres, serait presque à considérer comme aberrant s’il n’y avait eu un récent cas similaire en Grande- Bretagne, ou bien cet oiseau stationnant en octobre 2007 sur les laisses de mer de l’île d’Helgoland en Allemagne (B. Paepegaey, comm. pers.). L’espèce est bien connue pour son habitude à fréquenter les hautes herbes où elle passe totalement inaperçue (voir par exemple Svensson et al., 2009). Une relative timidité est rapportée (e.g. Cramp et al., 1997), ce qui surprend au vu des distances d’approche de l’oiseau de Stang Meur.

Le vol est signalé comme hésitant dans la littérature (Cramp et al., op. cit.), rappelant le farlouse. À ma connaissance, aucun observateur n’a vu l’oiseau en vol autrement que sur quelques mètres, interdisant toute appréciation du type de vol.

Un autre critère que je n’ai pas noté se rapporte aux hochements de queue réguliers, rappelant le Pipit des arbres (voir Jonsson, 1993 ou Beaman & Madge, 1998).

Statut

Le Pipit de la Petchora niche sur une bande relativement étroite allant des monts Oural jusqu’à la mer de Béring, incluant en particulier les plaines alluviales de la rivière Petchora. Le taxon menzbieri occupe le nord-est de la Chine et le sud-est de la Russie. L’espèce hiverne en Indonésie et aux Philippines.

C’est une extrême rareté en France, même si l’on peut supposer qu’il passe inaperçu. Deux données sont connues, qui n’ont apparemment pas fait l’objet de publication détaillée :

  • Cost ar Reun, Ouessant, le 28 avril 1987 (in Guermeur, 1987), longtemps restée la ire mention française, mais non reprise par Dubois et al. (2008). La date d’observation est remarquable, les données européennes étant en grande majorité automnales (surtout septembre-octobre).
  • Luçon, Vendée, le 16 septembre 1990 (in Dubois & Yésou, 1991), seule donnée acceptée à ce jour pour la France. Cet oiseau-ci, trouvé à plus de 15 km à l’intérieur des terres, a été observé sur des digues de bassin de lagunage (M. Duquet, comm. pers.).
  • Ailleurs en Europe, l’espèce a été trouvée dans différents États côtiers mais elle est surtout connue des iles britanniques, où plus de 80 données sont maintenant accumulées (Hudson & the Rarities committee, 2009). Plus de 80 % proviennent des Shetland et les meilleures dates se situent début octobre. En novembre 2007, un oiseau stationna 5 jours dans un petit bois du Pembrokeshire dans le Pays de Galles, se laissant observer dans d’exceptionnelles conditions (Hudson & the Rarities Committee, 2008). Les circonstances semblent ici identiques à celles de notre observation.

...Au vue des difficultés d’observation de l’espèce dans les conditions normales, on imagine bien que le Pipit de la Petchora est plus régulier sur nos côtes qu’on ne le pense. Il est connu pour fréquenter les lieux herbeux mais il apparaît maintenant possible que certains individus s’établissent sous un couvert bien plus élevé. Dans tous les cas, les possibilités de le trouver reste de l’ordre du coup de chance, à moins de pouvoir repérer le cri de vol.


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Association Naturaliste d’Ouessant

Directeur de publication : Jean-Philippe Siblet
Responsables d'édition : Les membres du CA de l'ANO