Accueil > Les observations > L’avifaune > Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota) American Cliff (...)

Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota) American Cliff Swallow

Une Hirondelle à Front Blanc (Petrochelidon pyrrhonota) American Cliff Swallow a été découverte le 03 octobre 2012 par Alexandre Liger et Eric Sansault. Retrouvée et identifiée avec certitude à Lampaul le lendemain matin, elle a été observée par tous les ornithologues présents. Il s’agit de la première mention pour l’île et la seconde pour la France.


Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota), île d’Ouessant (Finistère), Lampaul, octobre 2012. Photographies : Aurélien Audevard et Benoit Hémidy

L’Hirondelle à front blanc (Petrochelidon pyrrhonota), observé durant les premiers jours du mois d’octobre, fait partie des 88 espèces présentes dans la famille des Hirundinidés.

PNG - 318.9 ko

Du néarctique, tout comme le Chevalier solitaire observé quelques jours plus tard sur l’île, l’Hirondelle à front blanc est très rare en Europe de l’ouest. Aucunes grandes difficultés pour son identification. Elle a été observée en présence d’un grand nombre d’autres hirondelles, elles aussi en migration à cette période de l’année, l’Hirondelle rustique, l’Hirondelle de fenêtre et l’Hirondelle rousseline.

Silhouette très massive, elle nous permettait de retrouver l’oiseau sans difficulté dans les groupes d’Hirondelles. Le corps était robuste, "en obus", avec des ailes courtes et larges à leur base. L’oiseau avait de plus une grosse tête et pas de cou ; la queue carrée et un croupion large ajoutaient à cette impression de robustesse. Comparée à une Hirondelle de fenêtre, les ailes semblaient plus courtes et la taille générale restait plus petite, mais la silhouette était proche. Le corps était nettement plus massif que chez l’Hirondelle rustique, et l’absence de filets, et même d’échancrure, à la queue élimine tout risque de confusion avec l’Hirondelle rousseline.

Comportement : l’oiseau chassait volontiers en compagnie des autres espèces. Le vol peut rappeler celui de l’Hirondelle de rochers. À plusieurs reprises, nous avons été surpris par des accélérations rapides en vol direct, en particulier lors de phases d’alimentation.

Plumage. La coloration de l’oiseau est assez surprenante. L’ensemble de la tête est noirâtre ou "brun suie", couleur qui descend sur la gorge et se diffuse en haut de la poitrine ; le ventre est ensuite blanc sale, les sous-caudales sont noirâtres, et le dessous de l’aile légèrement brunâtre. La face ventrale est donc plutôt terne. Ceci contraste avec le croupion chamois roux intense et la nuque également roussâtre mais plus claire. Le dessus des ailes est bleu-noir, paraissant tantôt mat, tantôt brillant.

Description (très proche de notre expérience ouessantine) de la première Hirondelle à front blanc en France, 30 septembre 2000, île d’Hoëdic, Morbihan, Stéphane Guérin, Gaël Rault in Ornithos, Volume 8, n°4 (2001), avec l’aimable autorisation de la rédaction

PNG - 313.6 ko

Les observations de l’Hirondelle à front blanc au mois d’octobre 2012, à Ouessant

DateSiteObservateur
03/10/2012 France - Ouessant - Lampaul Aurélien Audevard
03/10/2012 France - Ouessant - Lampaul Davy Bosman
03/10/2012 France - Ouessant - Lampaul Cédric Caïn
04/10/2012 France - Ouessant - Niou Huella Davy Bosman
04/10/2012 France - Ouessant - Niou Huella Aurélien Audevard
04/10/2012 France - Ouessant - Niou Huella Alain De Broyer
04/10/2012 France - Ouessant - Niou Huella Cédric Caïn
05/10/2012 France - Ouessant - Lampaul Alain De Broyer
05/10/2012 France - Ouessant - Lampaul Cédric Caïn
06/10/2012 France - Ouessant - Baie de Porz Ligoudou Michel Maire
06/10/2012 France - Ouessant - Baie de Porz Ligoudou Sylvain VINCENT
06/10/2012 France - Ouessant - Baie de Porz Ligoudou Patrick Derrien
06/10/2012 France - Ouessant - Baie de Porz Ligoudou Cédric Caïn
06/10/2012 France - Ouessant - Baie de Porz Ligoudou Willy MAILLARD
07/10/2012 France - Ouessant - Lann Penn Arland Laurent Spanneut

Habitat et migration

L’Hirondelle à front blanc est commune dans le néarctique. Elle se reproduit dans divers habitats, y compris les prairies, villes, forêts claires et les berges des rivières où il y a des falaises ou des escarpements pour nidifier. Elles forment de petites à de grandes colonies, sur des falaises ou structures artificielles (parfois avec d’autres espèces d’hirondelles), rarement à l’entrée des grottes.

Elles migrent toujours via l’Amérique centrale. Le départ de l’aire d’hivernage a lieu au début de Février. Elles commencent à passer le long des pentes orientales des Andes. Elles suivent la côte du golfe du Mexique vers le nord et ensuite se divisent en deux groupes. Les populations occidentales se déplacent rapidement jusqu’à la côte du Pacifique ; elles arrivent très rapidement dans le sud de la Californie, en Arizona au début de mars, dans l’Illinois, au début avril, et l’Alaska à la mi-mai. Tandis que les oiseaux de l’Est poussent vers la vallée du Mississippi et le nord.

PNG - 208.5 ko

Le départ s’effectue juste après que les oisillons aient quitté le nid, parfois dès la fin de Juin. Grand pique de migration de retour dès le mois d’août début Septembre. Elle est accidentelle à l’île Wrangel, en Sibérie, dans le sud du Groenland, et Royaume-Uni et très rare en France métropolitaine, assez régulière en France outre-mer, en mer des Caraïbes, île de la Guadeloupe, lors de sa migration automnale. Pour se nourrir, elle capture les insectes en vol.

PNG - 248.8 ko

De la traversée en solitaire jusqu’au transit de port en port

Revêtons quelques instants les plumes d’un passereau néarctique migrateur en automne, quittant son site de naissance canadien. Pris dans une tempête tropicale lors de sa migration vers le sud, il est déplacé vers l’est/nord-est, en direction du centre de l’océan Atlantique, si la dépression qu’il a rencontrée avance rapidement dans cette direction. Après quelques centaines ou un millier de kilomètres de vol, perdu au-dessus de l’océan, ses réserves corporelles sont largement consommées et l’oiseau s’épuise. Habituellement, il effectuerait une halte migratoire, quelque part sur terre, pour reconstituer des réserves durant plusieurs jours, avant de repartir pour une nouvelle étape. La plupart des individus qui se trouvent dans cette situation, perdus au-dessus de l’Atlantique, meurent d’épuisement et tombent dans l’eau. Mais notre oiseau est encore vivant, et s’il détecte une île, une terre, un bateau, bref un endroit pour se poser, se reposer, voire s’alimenter, il paraît évident qu’il va s’y arrêter, espérant y reconstituer des réserves pour continuer sa migration. Si l’arrêt se fait sur un bateau, commence alors un transport passif, et si la direction de navigation est l’Europe, notre oiseau va certainement quitter le navire (s’il est encore vivant) dès que ce dernier sera à proximité d’une terre (Ouessant, les îles Scilly, les Hébrides, les différentes îles des Açores, de Madère ou des Canaries).

Ornithos, Frédéric Jiguet, 17-3, Mai-juin 2010, p 172, avec l’aimable autorisation de la rédaction

PNG - 165.2 ko

Contact | | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page | SPIP |
Association Naturaliste d’Ouessant

Directeur de publication : Jean-Philippe Siblet
Responsables d'édition : Les membres du CA de l'ANO